Déambulateurs et cannes : des alliés essentiels face au risque de chute

12 janvier 2026

Pourquoi le risque de chute augmente-t-il avec l’âge ?

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Avec les années, certaines fonctions corporelles s’altèrent naturellement :

  • La force musculaire diminue, notamment au niveau des jambes.
  • L’équilibre devient plus fragile à cause de la diminution de la proprioception (la perception de la position du corps).
  • Les troubles de la vue et de l’ouïe limitent la capacité à anticiper les obstacles.
  • Certaines maladies chroniques (Parkinson, AVC, diabète…) favorisent l’instabilité.
  • La prise de certains médicaments (anti-hypertenseurs, somnifères) peut provoquer vertiges ou chutes.

Face à ces facteurs, de nombreuses personnes âgées adoptent naturellement une démarche plus lente et hésitante, ce qui n’élimine pas le risque. C’est là que les aides techniques, comme les cannes et déambulateurs, deviennent précieuses.

Déambulateur, canne… comment ces aides préviennent-elles les chutes ?

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Les aides à la marche offrent un soutien mécanique supplémentaire, mais ce n’est pas leur seule utilité. Elles modifient la posture, le rythme de marche et – bien utilisées – apportent du confort et de l’assurance, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

  • La canne : Elle sert principalement à compenser une faiblesse modérée d’un côté du corps (jambes, hanches, genoux). La canne augmente le point d’appui, améliorant ainsi l’équilibre lors de la marche ou au lever du fauteuil.
  • Le déambulateur (ou rollator) : Adapté aux personnes plus fragiles ou ayant perdu plus d’équilibre, il multiplie les points d’appui (trois ou quatre roues), réduit l’effort, rassure et permet même de faire des pauses grâce à son siège pour certains modèles.

Une étude publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society a montré que l’utilisation régulière d’un déambulateur peut réduire de 25% le risque de chute chez les personnes dont l’équilibre est compromis (source).

Choisir l’aide adaptée : canne ou déambulateur ?

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Le choix dépend du niveau de mobilité et des besoins de chaque personne. Voici quelques critères, basés sur les recommandations de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) et des ergothérapeutes :

Besoin Canne Déambulateur
Soutien occasionnel, douleur légère Oui Non
Faible équilibre sur les deux côtés Non Oui
Possibilité de transport d’objets, courses Limitée Oui (panier ou plateau intégré)
Besoins en intérieur uniquement Oui Oui (modèles étroits)
Besoins en extérieur, longues distances Non recommandé Oui (avec roulettes)

Conseil supplémentaire : une évaluation par un professionnel (médecin, ergothérapeute) est vivement recommandée avant tout achat. Près d’1 canne sur 3 en France n’est pas adaptée à la taille ou au besoin de son utilisateur (Pour-les-personnes-agees.gouv.fr).

Ce qui fait l’efficacité de ces aides : le bon usage avant tout

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Le simple achat de l’aide à la marche ne suffit pas ! Pour être efficace et prévenir réellement les chutes, il est essentiel que la personne :

  • Soit formée à l'utilisation correcte
  • Adapte le matériel à sa taille et à ses habitudes de déplacement
  • Vérifie régulièrement l’état général (embouts, roulettes, poignées)
  • Soit encouragée et soutenue lors des premières utilisations

Une erreur fréquente : utiliser la canne du côté du membre non-dominant ou mal régler sa hauteur. Selon la Haute Autorité de Santé, une canne trop basse ou trop haute augmente le risque d’accident (HAS).

Bon à savoir : lors de l’achat, les pharmacies ou magasins spécialisés proposent souvent démonstration ou essai. Ne pas hésiter à réclamer ce service !

Des chiffres parlants : impact sur les chutes et hospitalisations

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Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), l’installation d’une aide à la mobilité adaptée (canne, déambulateur, cadre de marche) permettrait de :

  • Réduire le nombre de premières chutes de 19 % en un an chez les personnes à risque.
  • Limiter les fractures liées aux chutes de 16 % (notamment col du fémur, radius).
  • Diminuer le risque d'hospitalisation consécutive à une chute de 12 %.

Les conséquences d’une chute sont lourdes : 9 000 décès par an liés à une chute accidentelle chez les plus de 65 ans en France (INSEE). Tout ce qui réduit ce risque doit donc être envisagé dès la première alerte (petits déséquilibres, vertiges, difficulté à enjamber un obstacle).

Adapter le domicile : complément nécessaire à l’emploi des déambulateurs et cannes

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Une aide à la marche n’est réellement efficace que si l’environnement est sécurisé :

  • Retirer les tapis glissants, rallonger les fils électriques trop visibles.
  • Installer, si besoin, des barres d’appui ou rampes dans les couloirs, sanitaires.
  • Préférer des meubles arrondis, éviter l’encombrement et les obstacles au sol.

La MSA (Mutualité Sociale Agricole) affirme que les risques de chute diminuent de 45 % quand l’aide technique est combinée à un aménagement du domicile (MSA).

Quand et comment envisager une transition vers une aide à la marche ?

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Santé publique France rappelle qu’il ne faut pas attendre une chute grave pour adopter une canne ou un déambulateur. Les premiers signes d’alerte :

  • Hésitations lors des déplacements quotidiens
  • Douleurs à la marche
  • Besoin de s’accrocher aux meubles
  • Peur de tomber, limitation volontaire des sorties

Impliquer l’entourage et solliciter l’avis de professionnels (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes) sont des étapes clés pour accompagner le changement, lever les éventuelles réticences, et éviter la stigmatisation qui entoure encore, parfois, ces dispositifs d’aide.

Bonnes pratiques pour intégrer une aide à la marche au quotidien

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Voici quelques conseils concrets pour intégrer une canne ou un déambulateur sans appréhension et sécuriser le parcours de mobilité :

  1. Initier l’utilisation chez soi : commencer dans un espace familier avant de sortir.
  2. Porter des chaussures fermées et antidérapantes : un appui stable commence par de bons souliers.
  3. Entretenir l’aide régulièrement : vérifiez embouts, freins, roues et poignées.
  4. Adapter le rythme : une canne ou un déambulateur suppose parfois de revoir son rythme de marche — la sécurité prime sur la rapidité.
  5. S'informer sur les aides financières : selon la situation, la Sécurité Sociale, la MDPH et certains conseils départementaux prennent en charge une partie du coût de l’équipement.
  6. Maintenir une activité physique adaptée : la marche avec canne ou déambulateur ne remplace pas l’exercice (marche nordique douce, gymnastique d’équilibre).

Pour aller plus loin : ressources et dispositifs d’accompagnement

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Canne ou déambulateur ne sont pas un aveu de faiblesse, mais l’expression d’un choix responsable : celui de rester autonome, sécurisé, et de préserver au maximum sa liberté de mouvement. Adapter ses habitudes, son équipement et son environnement, c’est aussi offrir – à soi ou à ses proches – la possibilité de continuer à vivre chez soi, en confiance.

En savoir plus à ce sujet :

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