Favoriser la mobilité à domicile : solutions concrètes pour limiter les risques de chute et d’accident

4 février 2026

Identifier les risques au quotidien : la première étape vers un habitat sécurisé

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Chaque logement est unique, mais certains dangers reviennent fréquemment. Les repérer rapidement permet d’agir à la source. Selon la Fédération Française de l’Assurance, 46 % des chutes dans le logement ont lieu dans la pièce principale, 23 % dans la chambre, 9 % dans la salle de bain et 6 % dans la cuisine (FFA).

  • Objets traînants : Tapis non fixés, fils électriques, meubles mal placés.
  • Manque de contraste visuel : Marches peu visibles, seuils non signalés, passages trop sombres.
  • Surfaces glissantes : Sols cirés, carrelages humides, tapis sans anti-dérapant.
  • Mauvais éclairage : Sources de lumière insuffisantes, interrupteurs trop éloignés, zones d’ombre.
  • Absence de points d’appui : Pas de rampes ni de barres pour se soutenir dans les endroits clefs.

Un audit du domicile, réalisé par une ergothérapeute ou via un diagnostic autonomie par une structure spécialisée, permet un état des lieux précis—souvent pris en charge partiellement par des dispositifs d’aide (ex : Carsat, MDPH).

Les gestes simples à adopter au quotidien

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Avant même de réaliser de gros travaux, appliquer quelques règles de bon sens peut déjà limiter les situations à risque.

  • Désencombrer les lieux de passage : Rangez systématiquement chaussures, journaux, boîtes ou autres objets du quotidien hors des couloirs et portes. Un espace dégagé facilite les déplacements et prévient les chutes.
  • Vérifier l’état des sols : Privilégiez des tapis antidérapants, retirez ceux qui gondolent ou roulent, fixez-les si nécessaire. Nettoyez rapidement toute flaque ou substance glissante.
  • Installer des ampoules plus puissantes : Passer de 40W à 60W ou installer des LEDs permet d’améliorer le contraste et de mieux repérer les obstacles, surtout la nuit.
  • Organiser les meubles intelligemment : Privilégiez des passages d’au moins 80 cm de large (norme d’accessibilité), évitez les coins saillants à hauteur des jambes et fixez les meubles instables au mur.
  • Prévoir une solution pour les câbles électriques : Utiliser des range-câbles ou fixations murales pour éviter tout risque d’accrochage.

Selon l’ANACT (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail), ces quelques précautions peuvent faire baisser de plus de 30 % le risque de chute légère ou grave à domicile.

Aménager chaque pièce pour des déplacements facilités

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Certaines pièces du logement cumulent les risques. Voici des solutions pièce par pièce, issues des recommandations de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) et de l’ANAH.

Entrée et couloirs : des espaces qui méritent l’attention

  • Éclairage automatique : Installez des détecteurs de mouvements pour éviter tout déplacement dans le noir.
  • Barres d’appui : Fixez-les à hauteur des poignées dans les couloirs longs ou à toute zone où le passage est difficile.
  • Sol antidérapant : Si possible, privilégiez le lino ou sol vinyle avec finition antiglisse.

Sécurisation de la salle de bain

  • Barres d’appui et sièges de douche : Indispensables pour limiter les glissades (l’ajout d’un revêtement antidérapant au fond de la douche ou de la baignoire réduit de moitié le risque de chute selon l’INPES).
  • Limiteurs de température : Préviennent les risques de brûlure et évitent les gestes rapides qui nuisent à la stabilité.
  • Tapis antidérapants : À l’intérieur et à la sortie de la douche.
  • Espaces de rangement accessibles : À hauteur de main, pour éviter de se pencher ou de monter sur un tabouret.

Toilettes : des adaptations rentables

  • Rehausseur de WC : Permet de s’asseoir et de se relever sans effort excessif.
  • Barres de maintien : De chaque côté si possible.

Chambre et pièce de vie principale

  • Lits à hauteur réglable : Les modèles électriques sont pris en charge par la Sécurité sociale sous prescription.
  • Lampes de chevet à interrupteur facile : Pour se lever la nuit sans tâtonner.
  • Absence de tapis épais ou repliés : Une cause fréquente d’accrochage des pieds ou des aides à la mobilité.
  • Télécommandes et objets utiles à portée de main : Évitez les déplacements inutiles.

Cuisine : vigilance sur les sols et l’organisation

  • Sols non glissants : Privilégier les revêtements spécifiques pour pièces humides.
  • Placards accessibles : Les ustensiles du quotidien toujours sur les niveaux les plus faciles à atteindre.
  • Tables et angles arrondis : Font baisser de 15 % les accidents liés à un choc (Source : Assurance Prévention).
  • Détecteurs de fumée et de gaz : Pour limiter tout mouvement de panique en cas d’incident.

Les aides techniques qui sécurisent les déplacements

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De nombreuses solutions permettent aujourd’hui d’accompagner les personnes dans leurs déplacements et de compenser une perte d’équilibre ou d’autonomie.

  • Déambulateur, canne anglaise ou canne tripode : Selon les besoins, ces aides préviennent les déséquilibres lors des déplacements internes. Les déambulateurs à roulettes, sécurisés par frein, sont adaptés pour un logement spacieux.
  • Chaussures antidérapantes : Elles réduisent de 58 % les risques de faux pas (étude CNRS 2021).
  • Tapies de détection anti-chute : Ces dispositifs émettent un signal ou préviennent les proches en cas de chute.
  • Relève-personne manuel ou électrique : Utile en cas de mobilité déjà très réduite, le relève-personne permet des transferts sécurisés.

La domotique au service de la sécurité à domicile

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Les innovations récentes en domotique apportent une aide supplémentaire, notamment en cas de trouble cognitif ou de mobilité particulièrement fragile.

  • Détecteurs de mouvements pour l’éclairage automatique
  • Ouvre-portes ou volets motorisés : Limite les efforts physiques et donc les pertes d’équilibre.
  • Systèmes d’alerte connectés : Bracelet ou pendentif d’appel d’urgence relié à des services d’assistance (téléassistance), permettant une intervention rapide en cas de problème (France Assos Santé).
  • Capteurs de chute : Autonome, ce dispositif avertit automatiquement les proches ou un centre d’alerte en cas de chute brutale.

Accompagner dans la durée : sensibiliser l’entourage, surveiller les évolutions

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Sécuriser le logement n’est pas un acte figé : l’état de santé évolue, tout comme les besoins. Un réajustement régulier s’impose, accompagné de discussions avec la personne et son entourage.

  • Former l’entourage aux gestes de prévention : Des associations comme France Alzheimer, la Croix-Rouge ou la Fédération ADMR organisent des ateliers sur les stratégies de prévention adaptées au domicile.
  • Faire évaluer fréquemment la sécurité des lieux : Solliciter un professionnel de santé (médecin, ergothérapeute, conseiller autonomie) en cas de modification de mobilité, chute nouvelle ou trouble de l’équilibre.
  • Adapter l’aide humaine : Les intervenants à domicile (aide-soignant, aide à domicile), formés aux risques de chute, peuvent proposer des gestes simples et surveiller les signes d’alerte.

Aller plus loin : informations utiles et ressources à mobiliser

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  • Prendre contact avec la Maison Départementale de l’Autonomie : Pour accéder à un diagnostic gratuit dans certaines situations ou obtenir la liste des ergothérapeutes agréés en Vendée.
  • Solliciter les aides financières existantes : L’ANAH, la Carsat, les collectivités locales ou encore le Conseil départemental proposent des aides pour l’adaptation des logements, parfois cumulables avec l’APA.
  • Consulter les guides pratiques et checklists : CNSA ou Assurance Maladie offrent des ressources téléchargeables pour vérifier chaque pièce du logement.

Sécuriser les déplacements dans le logement, ce n’est pas seulement prévenir les chutes. C’est aussi préserver l’autonomie, l’estime de soi et la sérénité du quotidien, chez soi, dans un environnement familier. C’est un investissement concret, souvent soutenu par des dispositifs d’accompagnement ou d’aides financières, et qui offre de précieux bénéfices—à la fois pour la personne concernée et pour ses proches.

Mettre en place une prévention adaptée, c’est enfin rendre le domicile source de sécurité et non plus d’inquiétude. Car chaque adaptation, chaque geste compte pour prolonger, au maximum, le bien-vivre chez soi.

En savoir plus à ce sujet :

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